Un seul jour férié est obligatoirement chômé ET payé pour tous les salariés : le 1er mai (article L3133-4 du Code du travail). Pour les dix autres, un férié chômé est payé normalement dès 3 mois d’ancienneté, et un férié travaillé est payé sans majoration légale — sauf convention collective plus favorable.
C’est l’une des idées reçues les plus tenaces du droit du travail : non, un jour férié travaillé n’est pas automatiquement « payé double ». Voici ce que dit réellement la loi.
Ce que prévoit le Code du travail, cas par cas #
| Situation | Règle légale |
|---|---|
| 1er mai chômé | Payé intégralement, sans condition d’ancienneté |
| 1er mai travaillé (secteurs autorisés) | Salaire doublé : indemnité égale au salaire de la journée (L3133-6) |
| Autre férié chômé | Maintien du salaire si le salarié a au moins 3 mois d’ancienneté (L3133-3) |
| Autre férié travaillé | Payé normalement : aucune majoration légale — voir la convention collective |
Beaucoup de conventions collectives (hôtellerie-restauration, commerce, métallurgie…) sont plus généreuses que la loi et prévoient majoration ou repos compensateur pour les fériés travaillés : le réflexe utile est de vérifier la convention indiquée sur votre bulletin de paie.
À lire L’heure et le calendrier en questions : changement d’heure, fuseaux, jours fériés
Le cas particulier de la journée de solidarité #
Depuis 2004, chaque salarié effectue une journée de travail supplémentaire non rémunérée par an, destinée à financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Beaucoup d’entreprises la positionnent sur le lundi de Pentecôte — c’est pourquoi ce férié est travaillé ici et chômé là. Si vous travaillez ce jour-là au titre de la journée de solidarité, vous n’êtes pas payé en plus (dans la limite de 7 heures) : c’est légal.
Fériés, congés et cas particuliers #
Un jour férié chômé qui tombe pendant vos congés payés n’est pas décompté de vos congés (vous « récupérez » ce jour). S’il tombe un jour de repos habituel (samedi, dimanche pour la plupart), il ne donne droit à rien : ni rattrapage ni indemnité, sauf accord plus favorable. Les salariés à temps partiel suivent les mêmes règles, au prorata de leur planning.
Pour toute situation individuelle (ancienneté, secteur, heures de nuit), la référence fiable reste service-public.fr et votre convention collective — en cas de litige, l’inspection du travail peut vous renseigner gratuitement.
Tous les fériés chômés sont payés dès lors que vous avez 3 mois d’ancienneté (et le 1er mai sans condition). La question n’est donc pas « lequel est payé » mais « lequel est chômé » : cela dépend de votre entreprise, sauf le 1er mai. Oui, pour les 10 fériés ordinaires, si l’accord d’entreprise ou l’usage le prévoit : refuser peut constituer une absence irrégulière. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé, hors secteurs à activité continue.
Légalement, non — seul le 1er mai l’est. Toute majoration pour les autres fériés vient de la convention collective, d’un accord d’entreprise ou du contrat.
La garantie légale de maintien de salaire (L3133-3) suppose 3 mois d’ancienneté, mais la plupart des conventions collectives maintiennent le salaire sans condition. Là encore, le texte applicable à votre branche prime.
Quels jours fériés sont payés ?
Mon employeur peut-il m’obliger à travailler un jour férié ?
Un férié travaillé est-il payé double ?
Les moins de 3 mois d’ancienneté perdent-ils leur salaire un férié chômé ?